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Zeitschrift für Sozialforschung

Volume 7, Issue 1/2, 1938

K. A. Wittfogel
Pages 90-122
DOI: 10.5840/zfs193871/250

Die Theorie der orientalischen Gesellschaft

The article starts with a clarification of the economic importance of certain material elements which underlie the agricultural labor process — land and water. Artificial irrigation has the significance of a primary determining factor, for, by requiring relatively intense forms of labor, it excludes slave labor as an essential element. The true „oriental“ form of production first arises when waterworks must be undertaken on a larger scale (for purposes of protection and irrigation). On a lower level of technical development, the state then acquires a specific economic function : public works and astronomy. A differentiated form of society comes into being ; at its base are the peasants, either bound to the village or — later — free ; the upper ranks comprise the autocratic sovereign and an administrative, religious, and military bureaucracy. The pure oriental type in its simple form is exemplified by the old Inca society before its destruction. The higher form (with the development of inner contradictions) was attained by India, Babylonia, Assyria, Egypt, China, among others. The concentrated irrigational type, e.g. Babylonia, displays a different form of crisis from the less compact „B“ type of China. In the latter, the agricultural crisis is conditioned by extensive mobilization of arable land and by the cooperation of commercial capitalists with the centrifugal upper strata of society. Feudal or pseudo-feudal traits may be operative in creating a crisis, as in Egypt or China, but they are not the basis of the society, which is different from feudalism in its system of production, social organization, and state. Japan is feudal, or more correctly, „Asiatic“ - feudal. At most, the true oriental societies pass through an early feudal stage before developing into their own specific form based on large scale water works. The analysis of the organization of the productive forces makes it possible to explain the stagnation of the oriental agricultural society from the particular, centralized structure of the system of production based on irrigation. This is in contrast to the decentralized non-irrigational agriculture of feudal society, which did not hinder the development of towns and of an industrial capitalism fostered by late feudal absolutism. The theory of oriental society constitutes an attempt to describe both the western and eastern worlds as sectors of one human society, which develops and stagnates as movements of the same total historical process. L'article commence par éclaircir le rôle des deux éléments qui constituent le processus de travail agricole : la terre et l'eau. L'irrigation artificielle, premier facteur spécifique, exclut le travail des esclaves comme forme prédominante, du fait qu'il implique un mode de travail relativement intense. Cependant le type de production authentiquement „oriental“ apparaît seulement lorsque sont entreprises des constructions de grande envergure aux fins de protection ou d'irrigation. L'état assume alors une fonction économique propre : travaux publics et astronomie. C'est l'origine d'une société hiérarchisée qui va des paysans — liés d'abord au village, libres par la suite — au souverain autocrate, en passant par la bureaucratie administrative, sacerdotale et guerrière. La vieille société péruvienne des Incas représentait le type oriental pur dans sa forme simple. Les Indes, Babylone, l'Assyrie, l'Égypte, la Chine — entre autres — atteignirent une forme plus élevée avec développement des contradictions internes. Le type à technique hydraulique concentrée, exemple Babylone, manifeste des crises d'un autre caractère que le type à technique plus dispersée comme la Chine. Dans ce dernier pays, la crise était déterminée par une large mobilisation des terres cultivables et par l'action des capitalistes commerçants, jointe à celle du groupe supérieur centrifuge. Des caractères féodaux, ou pseudo-féodaux, peuvent bien contribuer — comme en Égypte et en Chine — à déterminer des crises, mais ne deviennent pas le fondement de la société qui, par la production, l'ordre social et l'État, diffère essentiellement de la féodalité. (Le Japon est féodal : c'est une féodalité „asiatique“ ; les sociétés authentiquement orientales traversent tout au plus une étape „pré-féodale“ avant de développer leur forme spécifique liée à la technique hydraulique.) L'analyse sociologique permet d'expliquer la stagnation de la société agraire orientale à partir de la structure spécifique centralisée du système de production inséparable de la technique hydraulique. En revanche, l'agriculture sans technique hydraulique de la société féodale n'oppose pas d'obstacles au développement des villes bourgeoises et d'un capitalisme industriel, favorisé, au terme de l'époque féodale, par l'absolutisme. La théorie de la Société orientale essaie d'esquisser un tableau où le monde occidental et le monde oriental sont comme des secteurs d'une société humaine. L'évolution de cette société aussi bien que sa stagnation représentent des mouvements partiels du même devenir historique total.

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