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Zeitschrift für Sozialforschung

Volume 6, Issue 1, 1937

Erich Fromm
Pages 95-118

Zum Gefühl der Ohnmacht

The point of departure used in the article is the statement that in the bourgeois character there is embedded a feeling, not always conscious, of profound impotence. Psychoanalytic experiences are presented to illustrate such feelings. In extreme cases the content of such feeling may be described as follows : „There is nothing I can influence ; nothing I can move ; nothing I can change by my will in the external {World or in myself. I have no power, I am not taken seriously, I am for other people like air which no one notices.“ The feeling of being without power may be in relation to other people, to oneself, or to things. Its most important psychological consequences are a feeling of inferiority, fear, and anger. A series of examples are described in which an attempt was made to soften the intensity of the feeling of impotence, or to eliminate it entirely. In this sphere rationalizations explain the impotence as the result of certain non-psychological conditions, rationalizations which console because of their belief in sudden miracles or changes over long periods of time ; finally, a reaction which consists in an attempt to hide this feeling in activity and mere routine. The social conditions of the origin of this feeling of impotence are found in two fields : first in the fact that the child in the bourgeois family, even if treated very favorably, is not really taken seriously, and then in the place the adult has in modern society, his helplessness and dependence on powers he cannot comprehend and control, in particular his position of impotence in a process of production governed by the principle of division of labor. At the end the author attempts to show this feeling of impotence and the rationalizations which covered it up in the political behavior of the European masses during the post-war period. L'article constate tout d'abord qu'un sentiment d'impuissance profond, encore que d'ordinaire inconscient, marque la vie bourgeoise. L'article utilise l'expérience que livre la psychanalyse des individus pour décrire ce sentiment d'impuissance. Dans les cas extrêmes, la description aboutit aux traits suivants : je ne puis exercer d'influence sur rien, je ne puis rien mettre en mouvement, ma volonté est incapable de rien changer ni dans le monde extérieur ni en moi-même, je n'ai pas de force, je n'existe pas pour les autres, je suis comme l'air qu'ils respirent. Le sentiment d'impuissance peut se rapporter aussi bien à d'autres hommes qu'à la personne elle-même, ou à des choses. Les suites psychologiques les plus importantes de ce sentiment sont : complexe d'infériorité, angoisse, colère. L'article décrit une série de tentatives pour adoucir, ou même chasser de la conscience la souffrance qui naît de cette impuissance. A cette catégorie appartiennent des rationalisations explicatives qui ramènent l'impuissance à certaines circonstances extra-psychiques ; des rationalisations consolatrices qui font croire à la brusque irruption d'un miracle, ou bien à des changements progressifs, fruits d'une longue durée ; enfin une forme de réaction qui, à force d'activité, de routine affairée parvient à couvrir le sentiment d'impuissance, qui reste inconscient. Deux ordres de conditions sociales favorisent la formation du sentiment d'impuissance : d’abord le fait que l'enfant dans la société bourgeoise, si affectueusement qu'il puisse être traité, n'est pas — au fond — pris au sérieux ; d'autre part, le rôle de l'adulte dans la société bourgeoise, sa propre impuissance et sa dépendance à l'égard de forces qu'il est incapable de maîtriser ou même de reconnaître, plus particulièrement sa position dans le procès de production, qui, par suite de l'extrême division du travail, lui enlève autonomie et efficacité. Pour terminer, l'article tente de retrouver ce sentiment d'impuissance et les diverses formes de rationalisations qui le dissimulent, dans l'attitude des masses européennes durant l'époque de l'après-guerre.

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