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Zeitschrift für Sozialforschung

Volume 6, Issue 1, 1937

Max Horkheimer
Pages 4-53

Der neueste Angriff auf die Metaphysik

Metaphysics and science stand opposed in modern times. In the average mind, aspects of each exist side by side without real unity. Philosophers have for centuries struggled to resolve the contradictions and to give the intelligible universe a true unity. The modern school of „logical empiricism“ seeks to achieve harmony by attributing validity only to the physical sciences. All statements that cannot be reduced to the concepts and judgments of the specialized disciplines are devoid of meaning for this school. Each of the two components of this philosophy, namely, a certain form of logic and empiricism, contains errors. Traditional empiricism maintained that all knowledge is compounded from isolated perceptions. The new doctrine, however, holds that science has no immediate concern with perceptions, but that the statements of observers announcing such perceptions — „protocol statements“ as they are called — constitute its only subject matter. The task of science is to organize this material in such a way that predictions may be made from it. The author attempts to show that this description holds only for a particular function of knowledge, which, to be sure, is highly significant for industry and technology. To the extent that thought is not limited to these ends, it performs other functions. Thought plays a particularly important role in establishing perceptions and in constructing a theoretical reflection of living reality. Empiricism totally ignores thought, together with all the intellectual factors which, bound up with definite interests, sketch a living picture of reality. The concept of history, which is only intelligible from subjectively determined goals, belongs among those concepts which logical empiricism must inevitably misconstrue because of its behavioristic theory of man. Logistics, which modern empiricism adopts, is basically nothing but the old formal logic, enriched by a few theories and symbolic techniques. In the author’s opinion, the separation of the form and content of knowledge, which is fundamental for logistics, has dubious validity. Confronted with more complex structures of knowledge, comprehensible only in their totality, logistics reveals its impotence. Furthermore, logistics conflicts with empiricism itself. Having derived their propositions from limited material, the empiricists should claim only limited validity for logistics, if they are consistent in their doctrine. But in setting itself up as a norm for criticizing metaphysical statements, logistics shows that it contradicts a doctrine which has use for facts alone. Thus, logical empiricism does not destroy metaphysics. Since it subsumes under the term metaphysics all thought which transcends the special disciplines, romantic illusions as well as dialectical theories, it misunderstands the decisive contradictions of the present situation. In fact, it contributes to the general confusion, to a large extent. However important the achievements of the logical empiricists may be in special fields, they have failed to work out a clear philosophy. Métaphysique et science s’opposent dans les temps modernes. Des éléments empruntés aux deux modes de pensée se juxtaposent sans s’unir dans la conscience moyenne. Depuis des siècles, les philosophes s’efforcent de résoudre les contradictions et de donner à l’univers de notre intelligence une unité véritable. L’école moderne de „l’empirisme logique“ veut arriver à cette harmonie en ne reconnaissant de valeur qu’aux sciences positives. Dans la mesure où des opinions ne se laissent pas réduire aux concepts et aux jugements des disciplines spécialisées, elles passent pour dénuées de signification. Les deux composants de cette philosophie, une certaine forme de la logique et l’empirisme, contiennent l’un et l’autre des erreurs. L’ancien empirisme soutient que toute connaissance se ramène à des perceptions isolées. D’après la doctrine nouvelle, la science n’a pas affaire immédiatement à des perceptions ; cependant, les propositions d’observateurs qui constatent des perceptions, ce qu’on appelle les protocoles (Protokollsätze), constituent leur matière exclusive. La science aurait pour tâche d’ordonner cette matière de telle sorte que des prévisions soient toujours possibles. H. essaye de montrer que cette description ne vaut que pour une fonction spéciale de la connaissance, qui, il est vrai, a une signification particulière pour l’industrie et la technique. Dans la mesure où la pensée ne se limite pas à ces buts, elle exerce d’autres fonctions. Avant tout, la pensée joue un rôle de premier plan lorsqu’il s’agit d’ordonner les perceptions en une structure qui corresponde à l’ensemble du réel. L’empirisme ignore totalement la pensée, unité de tous les facteurs intellectuels, qui, liés sans doute à certains intérêts pratiques, permettent d’esquisser un tableau vivant de la réalité. Le concept de tendance historique, compréhensible seulement à partir de buts subjectivement déterminés, appartient au nombre de ceux que l’empirisme logique, par sa théorie behavioriste de l’homme, est inévitablement conduit à méconnaître. La logistique, à laquelle l’empirisme moderne s’est uni, n’est au fond que la vieille logique formaliste, enrichie de quelques théories et de quelques procédés symboliques. La distinction de la forme et du contenu de la connaissance, qui se trouve à la base de la logique, apparaît à H. très suspecte. Lorsqu’on arrive à des connaissances complexes, compréhensibles seulement dans leur totalité, elle se révèle impuissante. De plus, la logique entre en conflit avec l’empirisme lui-même. Car, comme la logique a tiré ses propositions d’un matériel très restreint, elle n’a le droit de revendiquer qu’une modalité hypothétique, comme c’est le cas, d’après l’empirisme, pour les autres propositions générales. Mais en s’érigeant en norme vis-à-vis des opinions métaphysiques et en passant à la critique, elle montre qu’elle contredit une doctrine qui ne reconnaît que les faits. Ainsi l’empirisme logique ne dépasse pas la métaphysique. Comme il embrasse sous le terme de métaphysique toute pensée qui va au delà des disciplines spéciales, les illusions romantiques aussi bien que les théories dialectiques, il méconnaît les contradictions décisives de la situation actuelle, et il contribue pour sa bonne part à la confusion générale. Quelque importants que soient, dans des domaines spécialisés, les travaux des partisans de l’empirisme logique, en tout cas, une claire philosophie leur fait défaut*

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