Roczniki Filozoficzne

Volume 19, Issue 2, 1971

Władysław Jacher
Pages 133-165

Sources et facteurs de l’Intégration sociale et de la socialisation dans la sociologie d’Emile Durkheim

Emile Durkheim, créateur de l’école sociologique en France et cofondateur de la sociologie contemporaine, commenta ses investigations au sujet de l’intégration sociale dans des études sur les sociétés primitives, dans ses recherches sur les aspects sociaux des processus économiques et enfin dans ses réflexions sur la structure des deux institutions de contrôle social, notamment la religion et la morale. La vie sociale est composée selon Durkheim de différents éléments ou niveaux, reliés par des systèmes complexes de relations et de dépendances. Cependant une question se pose: Quelles forces et facteurs assurent la stabilité et le bon fonctionnement de cet ensemble intégré? Durkheim y répond par sa théorie du lien social, de l’intégration sociale et de la socialisation. Durkheim n’a pas formulé de définition stricte de ces deux réalités. Toutefois une analyse détaillée de ses ouvrages et surtout De la division du travail social et Le Suicide, permettent de considérer l’intégration comme une résultante de l’action et de l’activité évolutive de différents modèles, normes, affects, idéaux, valeurs et autres représentations collectives. L’intégration selon Durkheim, est donc un processus qui assure l’unité d’un ensemble social. Parmi les facteurs les plus importants de cette intégration il mentionne la division sociale du travail, la religion et la moralité. Le terme „socialisation” signifie, toujours d’après Durkheim, un processus social qui consiste en la transmission par la société à l’individu, de tout un système de moyens d’éducation et de contrôle, institutionalises pour la plupart, normes sociales, valeurs, modèles, habitudes, attitudes, connaisances, convictions etc., afin de faciliter à l’individu sa participation à la vie sociale et le développement de sa personnalité. En langage plus imagé, la socialisation est — selon Durkheim — le processus et l’état d’imprégnation de l’individu par des normes et modèles, reçus du groupe. Les procès d’intégration et de socialisation continuent à se réaliser au sein des sociétés concrètes. L’analyse de la structure de ces dernières amène Durkheim à conclure que la division sociale du travail toujours en voie de progression est aussi bien le moteur des modifications de la vie sociale que l’axe autour duquel se déroulent les processus d’intégration. La repartition du travail joue un rôle de première importance dans la formation des relations au sein d’un groupe social et plus généralement, des relations interpersonnelles. Dans ce procès d’intégration les phénomènes religieux agissent soit par des croyances déterminées, soit par des rites que ces dernières expriment, La morale, pour sa part, contribue à l’intégration, en exerçant son influence par les obligations et le bien. L’obligation est le facteur d’intégration du fait qu’elle exprime un impératif moral; le bien de son côté, est intégrant en tant qu’ayant une valeur définie qui lui est propre et qui rend l’intégration souhaitable. Au terme de son étude l’auteur entreprend une critique détaillée des concepts de Durkheim, en signalant celles d’entre ses opinions qui restent actuelles et considérant les autres comme suggestions et prophéties. Il souligne cependant qu’une critique de ce genre ne conteste en rien l’importance de l’oeuvre de l’éminent sociologue qui fut le premier à étudier d’une manière systématique et complète au possible les problèmes, toujours actuels, de l’intégration sociale et de la socialisation.