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Fichte-Studien

Volume 43, 2016

Fichte und seine Zeit

Manuel Roy
Pages 186-203
DOI: 10.5840/fichte20164315

Fichte et Schiller
La fonction de l’art dans la pensée de Fichte à la lumière de la querelle des Heures

In June 1795, Fichte sent his second contribution to Schiller’s journal, The Hours : his article, Concerning the Spirit and the Letter within Philosophy, where he explains his views on the relation between aesthetic experience and virtue. Schiller, who had until then been rather well-disposed toward Fichte, violently and categorically rejected the article, thus putting an end to their friendship. Scholars commonly understand this conflict as a predictable confrontation between two irreconcilable conceptions of the moral ideal : that of the cold philosopher, personified by Fichte, aiming to repress sensibility, and that of the warm-blooded artist, personified by Schiller, advocating for it. I shall argue that this interpretation is untenable, since Fichte and Schiller not only shared the same conception of virtue, but also agreed concerning the function assumed by the artist in mankind’s moral education. Rather, the conflict arose because Schiller could not bear the idealistic conception of nature – as pure representational activity – which Fichte thought was implied by these views. En juin 1795, Fichte fit parvenir à Schiller sa deuxième contribution destinée aux Heures : l’article Sur l’esprit et la lettre dans la philosophie, où il expose ses idées sur le rapport entre l’expérience esthétique et la vertu. Schiller, jusque-là plutôt bien disposé envers Fichte, lui opposa un refus de publication violent et catégorique, mettant ainsi un terme à leur amitié. On interprète habituellement cette rupture comme la conséquence prévisible d’une rencontre opposant deux conceptions irréconciliables de l’idéal moral : celle du froid philosophe, incarné par Fichte, visant à réprimer la sensibilité, et celle de l’artiste brûlant de passion, incarné par Schiller, souhaitant la glorifier. Je conteste pour ma part cette interprétation, Fichte et Schiller s’accordant non seulement sur la manière dont la vertu devait être conçue, mais également sur la fonction assumée par l’artiste dans l’éducation morale de l’être humain. À l’origine du conflit se trouve plutôt l’aversion de Schiller pour la conception idéaliste de la nature (comme activité purement représentative) qui, selon Fichte, était impliquée par ces idées.