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81. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 3
Ferdinand Pelikán La méthode de Condillac et de Descartes
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Condillac emploie une méthode d’analyse qui, par certains traits, le rapproche de Descartes, mais, d’autre part, tout le « fictionalisme » moderne, celui de Taine et des psychiâtres comme Ribot, vient de lui ; l’unité du moi, selon cet illusionnisme, n’est due qu’à la constance du tempérament organique. A cet illusionnisme de Taine s’oppose la continuité vécue de Bergson.
82. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 3
Alessandro Levi L’influence de l’esprit cartésien dans le droit: Ses avantages et ses limites
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Étudier le droit chez Descartes n’aurait qu’un intérêt biographique. Mieux vaut aborder la question inverse : l’influence du cartésianisme, ou plutôt de l’esprit cartésien, dans le droit. Le droit naturel a été influencé surtout par les idées innées, conception dépassée, mais l’affirmation de droits individuels intangibles est un avantage impérissable. La nécessité cartésienne d’idées claires et distinctes est, d’autre part, le principe même de la codification ; dans ses limites formelles, celle-ci doit s’inspirer du rationalisme déductif.
83. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 3
Jean Grenier Du « Cogito » au « Credo »
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Il faut distinguer, chez Descartes, le passage du Cogito à Dieu du passage de Dieu à l’attribut de véracité. En passant du Cogito à Dieu, l’on ne sort pas du royaume de la pensée, et la réflexion cartésienne est jusque là parallèle à la réflexion hindoue identifiant Atman et Brahman. Mais en passant de l’existence de Dieu à cet attribut privilégié, qui fait Dieu source de toute lumière et incapable de nous tromper, il introduit une croyance : c’est là qu’est le hiatus dans la pensée cartésienne.
84. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 3
Joseph Tvrdý Descartes et la pensée tchécoslovaque
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Descartes a étudié à Prague, avec l’aide de Tengnagel, les appareils d’astronomie de Brahé. Les renseignements de Baillet, qui expriment un doute à ce sujet, sont contredits par les inventaires, qui ont été conservés, des collections de Rodolphe.Descartes a fait la connaissance personnelle de Comenius, mais leurs idées divergèrent en ce qui concerne les rapports de la religion et de la philosophie.Les jésuites de Prague n’ont commencé à apprécier Descartes qu’à l’époque des lumières (Stepling, Boll). Bolzano, élève d’une université de cette époque, a rénové entièrement l’esprit du cartésianisme. L’école de Herbart, qui s’y apparente, voit dans Descartes le modèle du philosophe et provoque l’initiative d’une traduction de ses oeuvres.Masaryk qui a remplacé l’herbartisme par le positivisme, se rattache à Descartes par l’influence du rationalisme de Brentano. L’époque moderne sous l’influence de Masaryk et de Husserl est un terrain propice à l’esprit philoso- phiaue du cartésianisme (Bramberger, Jos. Benes).
85. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 3
Genyoku Kuwaki L’état actuel des études cartésiennes au Japon
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La philosophie occidentale introduite au Japon fut d’abord la philosophie anglo-américaine ; puis la philosophie allemande et la philosophie classique. Pourtant quelques penseurs français y étaient aussi très connus. Descartes a été, en premier lieu, un objet d’étude pour les philosophes spécialement au point de vue de l’histoire de la philosophie. Peu à peu, on l’étudia plus en détail, et quelques problèmes en furent ensuite examinés au point de vue de la philosophie systématique. Cette transformation de la méthode des études cartésiennes est prouvée par l’exposition de quelques livres sur Descartes (par Kuwaki, Ide, Tomonaga, Muramatsu et Miyaké).
86. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 3
Joseph Halasy-Nagy Le Cartésianisme en Hongrie
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Les idées cartésiennes furent apportées en Hongrie par des étudiants, ayant fait leurs études dans les universités hollandaises, d’abord à Utrecht et un peu plus tard à Leyde. En Hongrie même et malgré la difficulté, plusieurs ouvrages parurent à la fin du dix-septième siècle, inspirés par l’esprit rénovateur du cartésianisme.
87. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 3
Paolo Rotta Le platonisme de Descartes
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D’une constatation générique du platonisme chez Descartes, l’auteur passe à la considération de cette direction platonicienne dans les éléments analysés du cartésianisme. Les éléments maîtres du cartésianisme sont le cogito, l’innéisme, le nouveau critère de vérité, la démonstration de l’existence de Dieu et de la Nature, le binôme res cogitans et res extensa, enfin le mécanisme. L’auteur, quoique brièvement, passe une revue analytique de ces éléments, pour montrer qu’en chacun d’eux on constate et retrouve des thèmes du platonisme, de sorte que la direction platonicienne chez Descartes s’en manifeste plus déterminée et plus concrète.
88. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
Maria Lutman-Kokoszyńska Sur les éléments métaphysiques et empiriques dans la Science
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Les méthodes métaphysiques s’introduisent dans la science par une voie illégitime. Chaque proposition métaphysique pourrait cependant figurer dans le langage scientifique. L’intérêt pour le problème métaphysique ne disparaît de la science qu’en un seul cas : quand ces problèmes ne se laissent résoudre ni par les conventions acceptées, ni par l’expérience.
89. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
Nicolas Berdiaeff Le philosophe et l’existence
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La recherche de l’objectivité de la connaissance. La philosophie et la personne du philosophe. Le postulat de la raison supra-humaine dans la « philosophie objective ». Raison universelle et conscience moyenne. L’être n’est accessible qu’à travers l’existence humaine. La neutralité de la raison est une fiction. Importance de la sociologie de la connaissance : origine sociale de l'obligation logique. La « philosophie existentielle » chez Heidegger et Jaspers. Problèmes abstraits et problèmes vécus.
90. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
Émile Lasbax Le rythme des Sciences et le rythme de leurs méthodes
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Trois idées sont proposées ici : 1° L’explication scientifique, que Descartes regardait comme une extension logique progressive du point de vue mathématique aux différents plans du savoir, doit céder aujourd’hui la place à une explication chronologique de l'ordre d’apparition des diverses sciences. 2° Cet ordre suit un rythme qui débute par la physique, pour descendre à la mathématique, et remonter ensuite à la biologie, 3° Cette succession correspond au rythme analogue de la vie de la pensée : intuition, abaissement vers l'analyse, conversion vers la synthèse qui ést un etat d’équilibre intermédiaire.
91. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
Louis Rougier La révolution cartésienne et l’empirisme logique
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La révolution cartésienne, suivant son interprète le plus récent, aurait consisté à rompre avec le réalisme méthodique d’Aristote et de l’École, allant de l’être à la pensée, pour conclure de la pensée à l’être, si bien que Descartes serait le père de l’idealisme moderne. En réalité Descartes, idéaliste en théorie, est réaliste en pratique : l'acte de connaître consiste dans la saisie des essences, des matières simples, c’est-à-dire dans l'appréhension d’une гéаlité distincte de l’esprit.La révolution philosophique des temps modernes a bien plutôt consisté ä substituer à la théorie de la verité-copie ou de la verité-norme, celle de la verité- cohérence ou de la vérité-réussite suivant qu’il s’agit de sciences formelles ou réelles. Partant de ce donné, négligé et déclassé par les Rationalistes, qu’est le continu sensible et le flux de conscience, la connaissance consiste à en procurer une représentation symbolique cohérente, en vue de le maîtriser. Elle consiste à établir entre les symboles et les ехрéпепсев vécues des règles de correspondance univoque et entre les symboles des relations telles qu’on puisse le plus probablement prévoir les ехрériепсеs à vivre en partant des ехрéпепсеs vécues. Le problème philosophique par excellence devient celui de la signification des symboles et de l’exclusion de leurs combinaisons vides de sens.
92. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
Dominique Parodi Esprit et raison
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Distinction de l'esprit et de la raison. L’élément de nécessité (cohérence, accord) et l'élément de liberté (adhésion, invention, création) impliqués l’un et l'autre dans tous les champs d’application de la raison. L’esprit est l’activité concrète qui, découvrant et acceptant sa loi immanente, devient raison.
93. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
P. Leon Veuthey La justification des postulats de la raison
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Aristote, tout aussi bien que Descartes et Kant, fonde en fait la science sur les exigences ou postulats de la raison. L’idéalisme moderne justifie ces postulats en considérant le monde comme l’expression de l’esprit; c’est là une solution traditionnelle remontant à l'antique théorie du Logos ; seulement les idéalistes nient la dualité de l’être et de la pensée ; à cette doctrine d’immanence, on oppose une doctrine ou l’etre et la pensée tirent leur unité ou homogénéité relative d’une unité transcendante, qui n’est pas du même ordre. Les postulats de la raison ont alors une valeur objective parce que la raison est expression d’être.
94. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
G. Jampoler Épistemologie et sociologie: Quelques remarques sur la méthode de la philosophie
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En analysant comparativement les notions fondamentales de toutes les disciplines scientifiques, la philosophie doit suivre systématiquement les progrès de l'unité logique de la science et esquisser une hiérarchie de valeurs fondée sur cette unité. Le principal obstacle à cette unité est la différence de niveau scientifique ent re les sciences de la nature et les sciences historiques : les notions fondamentales de celles-ci n’étant que peu nombreuses, et manquant de clarté et de précision logique. C’est la première tâche des sciences sociales, surtout de la sociologie, de constituer tout un système de notions formelles et fondamentales, en jouant le même rôle auprès des sciences historiques que les sciences mathématiques par rapport aux sciences de la nature.
95. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
P. Jurevičs Le sens de la méthode intuitive
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Le véritable sens de l'intuitivisme est l’aspiration à une connaissance absolument complète et intégrale qui s’identifierait avec l’être. Cet idéal, suggéré à la fois par le caractère incomplet de la connaissance intellectuelle et par certains besoins sentimentaux de l'homme, est comme tel irréalisable et ne permet ou’on s’en approche que faiblement. Mais, souvent présent dans l'arne des philosophes, son examen peut par là contribuer beaucoup à l'explication de certains faits de l'histoire de la philosophie : des traits qui apparentent la philosophie à la religion et à l’art, des paradoxes des doctrines idéalistes, des intuitions partielles d’un Descartes, d’un Husserl, etc.
96. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
Federigo Enriques Le problème de la raison
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La raison ne peut être conçue à la manière kantienne ; elle n’est pas intuition capable de jugements synthétiques à priori, ni simple intellect discursif, faculté de jugements analytiques et tautologiques. Elle s’exprime par des tendances formelles qui composent avec l’expérience, de sorte que l'evolution historique de la science nous montre une adaptation progressive et réciproque de la réalité sensible à la raison et de celle-ci à la réalité. Par la critique des concepts on saisit la raison se déployant à travers l’histoire de la pensée scientifique.
97. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
J.-L. Fischer De la possibilité de la méthode qualitative dans les Sciences
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A côté de la méthode quantitative, qui étudie avec tant de succès les données du domaine inorganique par les relations quantitatives formelles, il faut établir la méthode qualitative, qui examinerait les données du domaine organique, psychique et culturel à l'aide des relations qualitatives matérielles ; et cela, en éclaircissant le sens reel de ces données au moyen de leur destination fonctionnelle. Cette destination une fois fixée, il devient possible de déterminer les conditions de son objectivation plus ou moins adéquate.
98. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
Marin Stefanesco L’unité dans la diversité des méthodes
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En me posant le probleme de la méthode, je constate une diversité de solutions, et énetudiant cette diversité, je suis conduit à examiner, entre autres, la doctrine chrétienne.Mais pour comprendre cette doctrine, il faut que nous commencions par la priere, c’est-à-dire par la purification. Car c’est ainsi qu’en fait le christianisme commence toute action. Et alors, nous pouvons voir que la méthode cherchée est la croyance, mais sous des formes différentes : instinct, sensibilité, expérience, raison, pensée, esprit.Il у a donc plusieurs méthodes, mais en toutes, il у a en une seule ; il у a une méthode, mais sous des formes différentes.
99. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
L. Rieger Esquisse d’une noétique générale
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Méthode : la noétique générale procède, par réflexion critique, à l’analyse et reconstruction logique de toute connaissance, comme activité déterminant de pures différences de formes (sans l'inconséquence dualiste « forme-matière » indépendante, ou activité-réceptivité) et trouve le fondement dernier de toute connaissance dans le sens de valeur objective (Geltung), qui est norme autonome logique.C'est une théorie radicale d’activité constructive-formelle (symbolique, représentative), de connaissance objectivante fondée sur l’autonomie normative logique.
100. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 4
Moritz Schlick L’école de Vienne et la philosophie traditionnelle
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L’École de Vienne distingue les problèmes scientifiques et les problèmes philosophiques : les premiers sont relatifs à la vérité ou à la fausseté de propositions ; les seconds sont relatifs au sens des propositions, c’est-à-dire aux moyens de les vérifier ou de les infirmer, un problème étant vide de senssion n’a aucun moyen de répondre par oui ou par non à la question qu’il formule. А ce titre, Socrate apparaît comme le père de la philosophie, et l’erreur de la métaphysique a consisté ä confondre les problèmes de sens avec les problèmes de vérité.Si les disciples de l'Éсоlе de Vienne se sont surtout appliqués а l'élаboration des concepts utilisés dans les sciences formelles et les sciences physiques, leur but le plus élevé reste l’elaboration des concepts moraux ; et, là encore, Socrate montre la voie.