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21. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Helmut Kuhn Zur Kritik der logischen Grundlagen der Wertphilosopkie
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La critique s’exerce sur une philosophie des valeurs simplifiée selon un type idéal. En premier lieu, on insiste sur le dualisme posé avec la philosophie des valeurs : au règne des faits s’oppose le règne des valeurs. En second lieu, ce dualisme est rendu concevable d’après son origine : il sert à surmonter le concept positiviste de fait, qui dissolvait la philosophie. En troisième lieu, on montre que l’idée de valeur est incapable de satisfaire au problème qui a motivé son origine et qu’elle reste dépendante, comme simple complément, du concept positiviste de fait.
22. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Jan Patočka Existe-t-il un canon définitif de la vie philosophique ?
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L’inquiétude de la totalité de la vie, qui s’éveille chez certains esprits, les amène à créer des représentations canoniques, types de vie stylisée et unifiée. Les philosophes sont des créateurs de « canons » de vie philosophique ; mais on peut se demander s’il est possible de dresser un tableau idéal du philosophe qui pourrait lui servir en même temps de norme et de critère. Non, car la vie philosophique est un mouvement, un « acte imparfait » dont la fin nous échappe ; nous la poursuivons par des voies profondément personnelles ; c’est pourquoi on ne saurait « canoniser » un philosophe.
23. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Maxime Chastaing Évaluation et appréciation
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L’analyse du double emploi du verbe « valoir » dans l’évaluation et l’appréciation éclaircit quelques aspects de la valeur. Évaluer, c’est prendre conscience d’un être qui est valorisé ou valeureux, non d’un être qui a une valeur. La valeur appartient à l’être même d’un objet. Il n’est pas question de demander si celui-ci la possède ou non, de résoudre le problème et de prouver la solution. Toute évaluation est une épreuve : l’objet convainc l’évaluateur en lui révélant la valeur intrinsèque, celle-ci n’est pourtant pas une propriété.
24. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
F. Heinemann Les problèmes et la valeur d’une phénoménologie comme théorie de la réalité. Être et apparaître: Fragment d’introduction à une phénoménologie concrète
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Les doctrines phénoménologiques, malgré la diversité de leurs formes (Husserl, Scheler, Heidegger), se rapprochent par le problème central vers lequel elles se dirigent, celui de l’apparaître et de l’être. Cette communication montre la nature, la nécessité et l’actualité de ce problème. L’être et l’apparaître sont en effet les pôles entre lesquels se déroulent la vie de l’âme, la vie du Tout, la vie de l’absolu. L’on doit donc se demander quels rapports ils ont l’un à l’autre, surtout dans une époque critique telle que la nôtre où le processus d’expression de l’Absolu, dans le droit, la morale, la politique, la religion, paraît interrompu.
25. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
J. Benrubi L’idéal moral et la réalité historique
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Définissant l’idéal moral comme le but vers lequel l’action individuelle et collective doit tendre afin de contribuer à la réalisation spontanée de la vie de l’esprit, entendue dans le sens d’un règne parfait de justice, de paix, de liberté, de fraternité et de joie, on montre comment et jusqu’à quel point cet idéal, loin d’être opposé à la réalité historique, se crée et se réalise progressivement dans et par l’ensemble du mouvement évolutif de l’humanité.
26. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Augusto Guzzo Étude sur trois notions: universel, réalité, valeur
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M. Guzzo tend à substituer une philosophie de la validité des actes humains à cette mythologie des valeurs, dans laquelle on commence par distinguer plusieurs validités différentes, — esthétique, morale, logique, etc. — isola- bles les unes des autres, et où l’on aboutit à hypostasier chacune de ces validités en une Valeur immuable et éternelle. Le royaume métempirique, qui serait constitué par ces Valeurs, donnerait lui-même un sens à ¡’univers, et rendrait inutile, dans l’économie totale du monde, le pénible effort de l’homme pour produire des actes qui aient validité.
27. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Richard C. Thurnwald Entwicklung und Fortschritt im Lichte der Völkerforschung
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Le progrès est conçu comme une accumulation d’acquisitions et de connaissances objectives, dont chaque culture est dotée. La « culture » consiste dans la réaction subjective d’un groupe humain à son « équipement de civilisation », dans l’emploi qui en est fait par des hommes vivant en commun pour conduire leur vie, et dans la manière dont cet emploi réagit sur les conduites psychologiques et sociales des hommes en question. Toute culture est singulière et unique, et elle suit son cours particulier. Pourtant les cultures dépendent toutes du processus d’accumulation, et, sous l’influence de tous ces facteurs, elles sont liées en une « évolution » à plusieurs branches.
28. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Pavao Vuk-Pavlović Wert und Schöpfertum
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La réalisation des valeurs résulte de la croyance en une mesure dernière servant de règle de vie, et dans le cadre d’un mouvement social qui s’effectue dans la direction d’une telle mesure. Cette circonstance fait que toute création réalisant des valeurs doit nécessairement être engagée dans des conflits et des combats, qui sont inévitables à cause de la diversité des mouvements sociaux existant en fait.
29. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Tudor Vianu Origine et validité des valeurs
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La philosophie moderne des valeurs est partagée entre deux conceptions opposées, le subjectivisme et l’absolutisme axiologique. Ces conceptions admettent toutes deux qu’il faut résoudre dans un même sens, à la fois le problème de l’origine et le problème de la validité des valeurs. On pense que si la valeur a une origine subjective,elle a, par là même, une validité qui se limite à l’individu qui la ressent ; et si la valeur vient au contraire d’une sphère autonome, cela entraînerait une validité absolue de cette valeur. L’analyse nous montre cependant que le sentiment le plus individuel de la valeur porte également en soi des mensurations de sa validité, de sa portée. Toute valeur a pour notre conscience un volume déterminé. Tout sentiment de la valeur porte en soi quelque chose de typique et de représentatif pour l’humanité entière. Il faut donc ici reconnaître l’importance générale et humaine de la liberté qu’a chacun d’apprécier le monde à son point de vue propre : toute création subjective de valeur est le signe d’un accord nouveau réussi entre l’homme et les choses.
30. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Cornelius Krusé Cognition and Value Reexamined
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Cette étude veut montrer que le contraste tranché entre connaissance et évaluation, fort répandu dans la pensée philosophique (spécialement aux États-Unis), d’après lequel on soutient que la connaissance atteint la réalité, tandis que, dit-on, l’évaluation n’exprime que le moi, est une thèse impossible à défendre en raison des ressemblances significatives et importantes que l’on peut trouver entre connaissance et évaluation. Bien que connaissance et évaluation ne soient pas identifiées, l’on soutient que l’évaluation n’est pas moins en contact avec son ordre de réalité que ne l’est la connaissance avec le type de réalité qui lui est propre.
31. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Hans Heyse Idee und Existenz: Die Krisis der Philosophie und die Werte des Lebens
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La plupart des conceptions modernes établissent un abîme infranchissable entre valeur et réalité, idée et existence. Ce désaccord est l’expression d’une métaphysique, — elle est l’exacte formule de la crise dans laquelle est engagée la métaphysique européenne et, avec elle, l’histoire de l’Europe. C’est dans une nouvelle appréhension de l’unité de la valeur et de la réalité, de l’idée et de l’existence, que la philosophie doit comprendre ses tâches et ses responsabilités dans la formation de la vie et de l’histoire.
32. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Ugo Redano I giudizi di conoscenza e i giudizi di valore nell’unità della vita spirituale
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Après avoir rappelé les précédents historiques du problème depuis Herbart jusqu’à l’École allemande des valeurs, on montre comment les jugements dits existentiels se réduisent facilement à des jugements cognitifs. Les jugements de valeur en tant qu’ils ne peuvent se passer d’un contenu, impliquent les jugements cognitifs, et ne les excluent pas comme hétérogènes ; ils établissent un rapport entre ce qui est affirmé par un jugement cognitif, selon la nécessité, et ce qui doit être dans un acte de liberté spirituelle. Ils se révèlent comme l’expression la plus adéquate de la spiritualité concrète, qui, dans le monde cognitif de la nécessité, s’exprimait seulement abstraitement et partiellement.
33. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Antonio Banfi Concetto, metodo, problemi di una filosofia della cultura
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La réflexion sur la culture tend à établir un ordre absolu des valeurs et un dogmatisme théorique et pratique. La dialectique, propre à la métaphysique de la culture, se révèle d’une part, dans un relativisme radical (historicisme), d’autre part dans une philosophie pure de la culture, qui est à la fois savoir de l’esprit ou système des lois transcendentales qui la définissent, et de ses aspects phénoménologiques. Ce système est le fondement unitaire de l’intégration et du développement de tous les éléments particuliers de la culture, qu’il rassemble ; il s’intégre en une philosophie de la vie, comme acte de la raison.
34. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Guido della Valle La conoscenza come forma di valutazione
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Évaluation et connaissance ne doivent pas être considérées comme des activités antithétiques de l’esprit, ni ne peuvent être identifiées. Leur rapport réciproque n’est pas l’opposition, ni la coordination, mais plutôt la subordination. Entre les deux, pourtant, c’est l’évaluation qui possède la plus grande généralité. L’évaluation n’est pas une forme de connaissance ; au contraire, la connaissance est un cas particulier de l’évaluation. L’intuition morale, esthétique, politique, religieuse ne peut jamais donner de vérités scientifiques (existentielles), ni théorétiques (logiques). Dans son essence intime, chaque Valeur est un « a priori » et un acte de foi. Ce que nous appelons « connaissance scientifique » (Valeurs existentielles) ou « connaissance logique » (Valeurs de vérité) n’est que cette partie du contenu de notre conscience perceptive (expérience visuelle, acoustique, tactile, etc.), ou aperceptive que nous évaluons positivement, en attribuant réalité, au dehors de la conscience, à certaines données ou relations de la.conscience. L’objet est donc conclu, par argument, d’une analyse de la conscience subjective, ainsi que l’a deviné Descartes.
35. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Leo Polak L’autonomie et les hétéronomies théologique, physique, sociologique
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La communication analyse l’autonomie immanente de la triple raison axiologique, seul fondement et seule source de la logique, de la morale, de l’esthétique.Elle montre ensuite la voie de recherche scientifique qui va de l’expérience ou des phénomènes du jugement de valeur à ses lois universelles et invariables, et jusqu’aux principes aprioriques ou derniers critériums des trois ordres de valeurs en question.Elle y démontre enfin l’impossibilité de toute hétéronomie, soit métaphysique ou théologique, de révélations ou de commandements, soit physique ou biologique, soit sociologique.
36. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Joaquim Xirau Le problème de l'être et l’autonomie des valeurs
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L’on montre dans quelles circonstances et pourquoi le problème des valeurs s’est posé dans la philosophie moderne. Jusqu’à la Renaissance et à Descartes, être et valeur sont identiques parce que l’être est défini par sa fonction et cette fonction par son rapport au tout. Dès que l’on admet, au contraire, l’univocité de l’être, il en résulte cette indifférence de l’être aux valeurs, qui se marque dans le principe d’inertie ou dans la relativité. Dans une pareille conception de l’être, les valeurs ne peuvent être qu’autonomes par rapport à l’être, et c’est la recherche de cette autonomie qui caractérise la théorie moderne des valeurs.
37. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Wilhelm Burkamp Wirklichkeit und Sinn
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Toute évaluation du réel, toute loi de la pensée ou de la connaissance doit justifier sa valeur devant le moi qui décide et qui évalue. La connaissance est liée à des déterminations a priori relatives aux objets à connaître, déterr minations qui justifient leur validité par la valeur et le sens de l’acte de connaître en général, ou bien comme seul organe de cet acte. Par la connaissance, à laquelle le moi se lie strictement et librement dans son propre intérêt, est déterminée l’inclusion complète du moi lui-même et son origine dans la réalité avec tout ce qui est sens et a priori.
38. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Walter Eckstein Erkenntnis von Normen und Erkenntnis von Tatsachen
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Tandis que la science descriptive des normes les traite comme faits sociaux et les expose du dehors, la science dogmatique des normes cherche à élaborer les normes positives en un système cohérent de normes. Elle part de la réalité des normes dans la culture, mais elle est pensée à Vintérieur du système de normes. Il s’agit ici non d’un point de vue de simple connaissance, mais d’un point de vue normatif. La science philosophique des normes, ou Éthique, cherche à se situer au-dessus des normes valides pour les expliquer et les ramener à des principes fondamentaux : les valeurs morales foncières ne peuvent être fondées dans une réalité.
39. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Josef Fischer Du rôle régulateur de la science moderne
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Toute science progresse grâce à sa tendance fondamentale à servir l’homme ; le désir du savoir pur n’est pas la raison unique de l’essor de la science, qui ne peut pas être isolée de l’ensemble de la vie civilisée et de ses valeurs. Inséparables et corrélatives sont la philosophie et les sciences. Le « normatif » et le « régulateur ». Sciences normatives et sciences explicatives : le « régulateur » ; rôle d’ensemble des sciences, oublié par une spécialisation extrême. L’application« objective » en sciences exactes, c’est-à-dire venue d’un intérêt commun ; « subjective » en sciences morales, c’est-dire venue de la divergence des intérêts. Coup d’oeil historique. Rôle actif de 1? philosophie et des sciences ; leur devoir civilisateur.
40. Travaux du IXe Congrès International de Philosophie: Volume > 10
Arthur Liebert Die Krise des Idealismus
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On parle souvent aujourd’hui d’une crise de l’idéalisme. J’essaye d’abord d’éclaircir l’idée de crise et ensuite de juger la justesse de cette opinion. On donne trois sortes de raisons à la crise de l’idéalisme : raisons tirées 1° de l’évolution générale de la culture ; 2° de l’évolution de la philosophie ; 3° de l’évolution des sciences spéciales. J’arrive à la conclusion que ces attaques contre l’idéalisme ne l’atteignent en rien. La grandeur indestructible de l’idéalisme est de représenter et de protéger la liberté de l’esprit et de la pensée et, par là même, de se trouver toujours en état de crise, mais de crise créatrice et féconde B crise nécessaire non seulement pour lui, mais pour la vie spirituelle dont il est un des facteurs essentiels.